VLB se déchaîne encore !

Publié le par Victor Royal

Le style et le langage adoptés par Victor-Lévy Beaulieu dans son Je m'ennuie de Michèle Viroly déboussolerront peut-être le lecteur, même aguerri. On reconnaît l'homme par son ton, c'est à dire dans sa vision réaliste et tout à la fois pessimiste du monde.



Par la bouche délirante de bowling jack, personnage principal au crâne scié, Victor-Lévy Beaulieu
ne craint pas de s'attaquer aux tabous et aux petits sorciers de la société moderne. Les sieurs dagobert gillet, michel barrette et de nombreux autres personnages sont allègrement bastonnés.

L'auteur nous présente une critique virulente de la société, de la télévision, des intégrismes religieux. Pas de pitié !

L'histoire ? C'est la démanche de bowling jack - le pauvre antihéros, le zéro du roman -, démanche causée par un accident d'auto, et les conséquences de cet événement sur le comportement du personnage et la suite du monde : la peur, l'immobilisme, les gros mots. De bowling jack ou du Québec ?

L'auteur laisse parfois échapper quelques outrances inutiles, mais la plupart du temps sa recherche est très efficace.

VLB écrit présentement un essai sur James Joyce, un de ses auteurs fétiches depuis longtemps et dont il a parlé dans quelques romans dont Steven le Hérault et Don Quichotte de la démanche
si mon souvenir est juste.

Donc folie du langage, recherche sur le parler québécois, viols volontaires et répétés des si douces règles grammaticales, invention de vocabulaire, perversion sémantique, VLB essaie tout et systématiquement.

Il y a du Boris Vian qui agit derrière cette machine, me semble-t-il.

Nous avons affaire à un écrivain mondial majeur, et quand un tel homme nous pond une oeuvre de génie, il faut se dépêcher et le lire tout de suite.

C'est mon conseil.
Publicité

Publié dans Critiques littéraires

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article