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Où mon imagination mènera-t-elle mon corps ?
Allons donc voir cette bibliothèque entrevue à quelques occasions. Il y aura peut-être de bons livres à emprunter.
Cette bibliothèque doit son nom au milliardaire philanthrope américain Andrew Carnegie qui paya pour sa construction comme il le fit souvent dans notre continent. L'entrée donne sur un large escalier de marbre qui monte en spirale jusqu'au dôme ; de magnifiques vitraux illuminent cet escalier : Shakspeare voisine le poète irlandais Robert Burns, Walter Scott, le fameux romancier, regarde un Milton occupé à lire dans son racoin.
Je suis entré dans une maison de géant aux proportions princières, aux plafonds élevés, à l'architecture baroque. Des fauteuils de cuir encombrent la salle principale ; des lecteurs de journaux et des clochards en déficit de sommeil les occupent. Derrière ces fauteuils, quatre longues tables sont réservées aux joueurs d'échecs. À gauche, d'autres joueurs, des Chinois jouent aux échecs chinois avec fort gestes démonstratifs et vigoureux éclats de joie triomphateurs.
En face de moi, l'entrée de la bibliothèque qui occupe toute la partie arrière du rez-de-chaussée.
Une dame jeune, mince et élancée, au visage effilé, au teint laiteux tâcheté, aux yeux verts et à longue chevelure blonde me répond quand je demande à m'inscrire. Une Écossaise celle-là, pas de doute ! Cette belle femme s'appelle Leith Harris. Elle remplace aujourd'hui la bibliothécaire habituelle mais s'occupe ordinairement à gérer les divers programmes sociaux du Carnegie Centre.
Leith m'inscrit donc à la bibliothèque, me remet une carte temporaire et me recommande de me rendre le plus rapidement possible à la Bibliothèque centrale pour y quérir ma carte permanente plastifiée.
Je farfouille à travers les rayons, arrive à la section française que j'évalue à environ mille livres. Au fond, d'autres tables pour les lecteurs, l'étal des journaux et des revues, les quotidoens de la Colombie -ritannique, ceux de Toronto et La Presse de Montréal.
J'emprunte un livre sur les expressions idiomatique de l'anglais, prétendument une méthode miraculeuse pour améliorer mon vocabulaire.
Je m'approche des échiquiers. Un grand bonhomme quinquagénaire, assis bien droit sur sa chaise, un homme sec, s'adresse à moi sèchement avec un accent teuton parfait, à faire rêver les germanophiles.
- Want to play a game, sir ?
C'est tout juste s'il ne me fait pas un salut militaire.
- Sure ! répondis-je.
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